Site officiel de la commune de Plan-les-Ouates

Discours de M. Xavier Magnin, Maire - 1er août 2015

 

  • Arnold de Melchtal, Unterwald
  • Walter Fürst, Uri
  • Werner Stauffacher,  Schwyz

C’est l’histoire de la Suisse que de se réunir et de s’entraider en cas de danger, de permettre à d’autres de rejoindre les cantons déjà alliés et confédérés, de le faire sans guerre ni bataille mais sur des bases volontaires.  Être libre et s’entraider.
Ce principe de solidarité est toujours d’actualité et fait le ciment de notre Confédération Helvétique. Soyons libres, choisissons nos partenaires sans pour autant nous enfermer dans nos propres prisons,  s’unir pour se libérer. Un pour tous et tous pour un !Il n’en a pas été autrement pour le Canton de Genève qui, depuis deux cents ans, a choisi de rejoindre la Suisse. Cela en passant par le traité de Turin qui annexe à Genève des communes régies alors par le Roi de Sardaigne et Duc de Savoie Victor-Emmanuel 1er  afin de créer un territoire uni pouvant rejoindre le Confédération. De ces « Communes réunies » l’une nous est particulièrement chère:  Compesières, devenue dès le 1er  juillet 1851 Plan-les-Ouates et Bardonnex. Le traité de Turin apporte également les zones franches et renforce les principes de neutralité toujours en vigueur de nos jours.
Nous étions donc Savoyards,  liés au royaume de Sardaigne de 1814 à 1816,  et Français, napoléoniens entre 1798 et 1814.
Genève s’est donc constituée par un regroupement de communes, la Suisse par un regroupement de cantons et l’Europe par un regroupement de pays. Dès lors, lorsque que l’on déclare, à juste titre …
J’aime ma commune, j’aime mon canton, j’aime mon pays…
Voilà  qui peut paraître facile, simpliste. Un leitmotiv que chacun connaît et auquel on se reconnaît, qui semble évident. Et pourtant…
Que de soubresauts de l’histoire pour arriver à la situation géographique, politique, sociale d’aujourd’hui. N’est-ce que péripéties de l’Histoire ou du très long terme ? La longévité du pacte semble garant d’une situation très stable, toutefois le Sonderbund de 1848 a bien failli briser cette alliance.
Cet aveu d’amour prend parfois  une connotation autre et n’a plus le simple rôle de la déclaration et de l’appréciation. Utilisé par des groupes qui en font une question nationaliste et d’honneur plutôt qu’un constat de bien-vivre, de plaisir et de joie.  Il devient parfois difficile d’avouer ce que l’on aime mais également de montrer que l’on peut apprécier d’autres cultures et d’autres cadres de vie. On veut nous rendre insécurisés, on veut nous faire douter de nos  intentions et de nos propres valeurs. Pourtant…quand on est sûr de sa culture, de son histoire, de son environnement nous ne pouvons avoir peur de les confronter et de les partager.
Cette culture, cette histoire et ces croyances sont le lien commun entre chacun de nous, l’intégration est la capacité de les défendre, de les faire comprendre, de les respecter parce que ces valeurs sont ou deviennent les nôtres et l’on souhaite les faire partager.
Cette culture, cette histoire, C’est aussi celle de l’art du compromis, de la politique de l’écoute et de la recherche de solutions avant tout. Pour prendre des exemples très proches :

  • L’Ecole de Saconnex-d’Arve est à mi-chemin des deux hameaux par un compromis permettant aux élèves d’être tous à la même distance pour l’atteindre.
  • Le nom même de Plan-les-Ouates serait un compromis afin de ne pas donner le nom de l’un des hameaux et de prétériter l’autre. Il est alors choisi celui de la grande plaine marécageuse.

Les valeurs humaines, familiales, la responsabilité sociale, l’aide au plus faible, sont les actes constituants d’une société évoluée et tournée vers son prochain. Exactement ce que fait depuis 25 ans l’association Sangeorgiu au profit de l’entraide internationale entre deux communautés, entre deux villages. Les liens tissés sont devenus des liens d’amitié.
Bien sûr, les différences existent et doivent s’apprivoiser, de la Roumanie à l’Inde, du Canton de  Vaud à celui du Valais.
Les confédérés nous ont acceptés comme l’un des leurs il y a 200 ans. Plan-les-Ouates est né il y a 164 ans. La Roumanie est dans l’Europe depuis 8 ans. L’Histoire est en constante évolution et demain…
Alors réjouissons-nous du moment présent, réalisons les conditions du bien-être et du bien-vivre ensemble, faisons partager notre façon de vivre en nous permettant et en permettant à l’autre de s’ouvrir et de s’intégrer.
Je tiens encore à rendre ici hommage à tous les acteurs historiques qui ont fait notre commune, notre canton, notre pays. Ainsi qu’à  ceux qui ont tissé des liens depuis 25 ans pour le bien d’un village roumain et pour le nôtre.

J’aime la Suisse, J’aime Genève, j’aime Plan-les-Ouates !

Bonne fête nationale !

Xavier Magnin
Maire