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Politique

Discours de Mme Fabienne Monbaron, Maire - 1er août 2016

Mesdames et Messieurs les Députés,
Chers collègues du Conseil administratif,
Monsieur le vice-secrétaire du Conseil municipal,
Chers conseillers municipaux,
Chers amis des Vieux-Grenadiers,
Mesdames et Messieurs,

En préambule, je souhaite remercier toutes les personnes et entités qui ont permis la fête de ce soir. A vous tous d’abord, dont la présence témoigne de votre attachement à notre commune et à notre pays, mais également et surtout, aux collaborateurs de l’administration, aux organisatrices de la manifestation, aux jeunes qui permettent au site de rester propre, à l’Atelier lampion, aux sociétés communales, soit la Fanfare municipale, la Chorale d’Arare, le Feuillu, ainsi qu’à l’Amicale des sapeurs pompiers et aux Dames paysannes qui vous auront rassasiés avec le sourire. Tous mes remerciements également à la Compagnie des Vieux-Grenadiers qui nous a offert une magnifique prestation pour cette fête qui restera ainsi longtemps dans les mémoires.

Indépendamment des âges, des cultures, des croyances religieuses, des appartenances linguistiques ou politiques, ce jour de fête nationale réunit la population sur l’ensemble du territoire de notre pays, voire même à l’étranger, puisque plus de 750'000 de nos compatriotes vivent en dehors de nos frontières. Ce moment de rassemblement, propice au partage et à la fête, est en premier lieu un moment patriotique de commémoration. Nous le devons d’abord à nos ancêtres, qui, en 1291, ont courageusement uni leurs forces pour créer l’âme et les bases de ce pays si cher à nos cœurs, puis à tous les citoyens qui ont bâti l’Etat Fédéral et la Suisse que nous connaissons aujourd’hui.

Au fil du temps, et avec une histoire riche en évènements de tous genres, la Suisse initiale a grandi. Elle s’est développée et renforcée, grâce à des hommes et à des femmes qui se sont investis, physiquement, politiquement ou de façon citoyenne, nous permettant de pouvoir toujours vivre aujourd’hui, en toute liberté, dans un magnifique pays, prospère, multiculturel et démocratique.

Les feux qui brûlent partout ce soir, furent, pendant des siècles, le signe d'un appel à l'aide devant le danger. Ils sont aujourd’hui les témoignages de la gratitude du peuple suisse pour ses ancêtres. Ils nous rappellent nos origines et doivent nous conforter dans un état d’esprit, ferme et intransigeant pour la défense des intérêts de notre pays, de nos libertés, de notre système politique démocratique et pluriculturel très envié, tout en gardant à l’esprit que notre qualité de vie ne découle pas d’une attitude nombriliste, mais bien d’un esprit ouvert. La Suisse est toujours disposée à aider, à négocier, mais pas à n’importe quel prix ni au mépris de ses valeurs!

Dans un monde en constante évolution, chaque époque à son lot d’écueils, et nous nous trouvons à un nouveau tournant de l’histoire de l’Humanité dont l’issue paraît difficilement prévisible. Nous ne pouvons aujourd’hui fêter jovialement nos libertés et prospérité sans avoir une pensée pour tous les hommes et femmes qui, de part le monde, en sont privés. Des personnes qui souffrent, des pays en guerre pour des raisons qui nous échappent, des pays en paix mais dont les populations innocentes sont victimes d’attentats incompréhensibles à nos yeux ainsi qu’à notre culture respectueuse des droits de l’Homme et que nous devons vivement réprouver. Si les hautes instances de notre pays se doivent d’assurer notre sécurité et nous protéger contre ces différentes formes de terrorisme, il nous appartient de porter une attention particulière à notre population, à notre entourage et surtout à notre jeunesse, afin d’offrir à chacun une perspective d’avenir et de quoi s’épanouir ici, sans avoir à aller chercher ailleurs des promesses mensongères, infondées et une mort certaine. Le dialogue, le partage d’information, le soutien social, la participation à une vie associative alimentent le vivre ensemble et permettent d’éviter l’exclusion. A nous tous d’être attentifs, à nos proches, mais également à nos voisins, aux personnes moins insérées dans notre société et que la vie peut isoler. Nous ne pouvons rester des spectateurs impassibles, qui critiquent en regardant défiler les tristes nouvelles du Monde confortablement installés devant nos écrans.

De part son statut, son état d’esprit et ses organisations internationales, la Suisse a pu et pourra encore contribuer à pacifier les vives tensions que nous découvrons par le biais des médias. En tant que citoyen, nous ne pouvons pas faire cesser les guerres et les exodes massifs. Nous pouvons par contre, et bien que cet exercice soit très difficile, tenter d’imaginer notre commune, sans école, ni infrastructures sportives, activités culturelles, magasins, médecins, sans bâtiments d’habitation, sans société, sans avenir, juste avec des ruines et la peur de sortir au grand jour.

Sans tomber dans le fatalisme et le sentimentalisme, sachons reconnaître que nous sommes privilégiés. Cette misère n’existe pas chez nous grâce au bon sens et aux qualités de notre pays que j’ai déjà citées il y a un instant. Je nous souhaite que les générations, actuelles et futures, sachent les faire perdurer pour que nos descendants soient toujours, comme nous, libres, fiers de leur pays et de notre drapeau.

Cela étant, en tant que Suisses, nous pouvons apporter notre aide aux populations prétéritées, financièrement, ou, comme ce fut le cas par le passé, par l’accueil d’habitants de pays victimes de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, en tant que Plan-les-Ouatiens, nous pouvons contribuer à l’amélioration des conditions de vie de familles qui n’ont pas eu d’autre choix que de quitter un pays qui ne leur apportait que misère et désolation. Comme vous avez pu le lire dans les journaux, Plan-les-Ouates, comme d’autres communes, a accepté qu’une étude soit faite pour accueillir quelques familles de migrants qui n’ont plus rien. Nous en attendons les résultats. Le but n’est bien sûr pas de doubler la population de notre Commune, les quartiers des Sciers et des Cherpines y contribueront déjà. Il s’agit d’offrir à quelques familles avec enfants, un lieu pacifique pour se poser, se reconstruire et reprendre confiance en la vie. Des cours et activités propices à leur intégration leur seront proposés, dans le respect de nos modes de vie. Je n’ignore pas que certains d’entre vous ne voient pas ceci d’un bon œil, mais pour être forts dans notre combat pour la liberté et la justice et pour être crédibles dans notre souci de démocratie et d'humanité, il nous paraît incontournable de pratiquer ces vertus chez nous, à notre échelle.

Par le travail de ses Conseils, municipal et administratif, et grâce aux collaborateurs de son administration, Plan-les-Ouates œuvre avec force et vigilance pour maintenir sa qualité de vie, guider son évolution et garder, autant que possible, la maîtrise des développements prévus sur son territoire. A nous, habitantes et habitants, qui connaissons notre commune et la qualité de vie que nous souhaitons, de nous investir pour continuer à bien vivre tous ensemble et à grandir, puisque nous n'en avons pas vraiment le choix, en harmonie !

Force est de constater qu’après 725 ans, notre devise « un pour tous, tous pour un » a plus que jamais sa raison d’être. Restons forts, unis et déterminés à préserver les valeurs de notre société ainsi que nos libertés.
Je vous souhaite à toutes et à tous une excellente soirée.

Vive Plan-les-Ouates, vive Genève et vive la Suisse !

Fabienne Monbaron, Maire
Plan-les-Ouates, le 1re août 2016

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Pour la suite de la soirée, je vous invite à prendre part au Cortège qui sera ouvert par la Société des VG, suivie des autorités et de la fanfare. Nous nous rendrons sur la Butte, pour une nouvelle salve, l’allumage du feu et le chant de notre hymne national.

A ce sujet et comme vous avez pu le constater sur le programme, il s’agit de notre hymne habituel. A Plan-les-Ouates, c’est le maire qui porte ses choix pour l’organisation de la fête nationale et j’avoue qu’à titre personnel, je n’ai pas compris la nécessité de modifier notre hymne, ni la façon dont cela s’est fait. Pour moi, conserver ses valeurs, c’est conserver les fondements de notre société et notre hymne, même s’il peut paraître désuet, en fait partie. J’espère que notre système démocratique permettra au peuple de choisir s’il veut ou non changer les paroles de son hymne. En attendant, sentez-vous libre de prendre part au cortège puis d’accompagner la chorale d’Arare pour ce chant. A toute à l’heure.