Site officiel de la commune de Plan-les-Ouates
Politique

Discours du 1er août 2009 de M. Thierry Durand, Maire

Monsieur le Président du Conseil d’Etat,
Madame la Présidente du Conseil municipal,
Mesdames les Conseillères municipales,
Messieurs les Conseillers municipaux,
Chère et cher collègues du Conseil administratif,
Messieurs les députés au Grand Conseil,
Monsieur le Maire de Saint-Julien,
Chère amies et chers amis de Plan-les-Ouates,

Le 1er août est la fête nationale qu’il convient de célébrer en remerciant nos aïeux (très lointains – dans presque tous les sens du terme….), et en saluant leur mémoire pour avoir échafaudés les prémisses de notre pays. C’est du reste assez piquant de savoir que la date de cette fête nationale, le 1er août, a été fixée il y a une centaine d’année seulement, en 1889, sur l’initiative du Conseil fédéral, afin de cimenter l’union nationale mise un peu à mal suite à la création de la Suisse moderne de 1848.

J’avoue qu’à titre personnel, je goûte assez peu le côté cocardier que cette célébration peut recouvrir, mais le rassemblement qu’elle engendre me plait beaucoup. Il n’y a finalement pas tellement (ou plus tellement – merci Calvin…) de moments rassembleurs dans une communauté comme la nôtre et ceux-ci nous permettent de tendre à une certaine harmonie de pensée, de cœur, au-delà des divergences.

Vivre harmonieusement, c’est chercher un juste équilibre entre nos aspirations individuelles et les potentiels de notre environnement, qu’il soit humain, économique, social ou naturel.  Le corolaire de tout cela, c’est le respect. Terme malheureusement un peu galvaudé, mais qui est une valeur qu’il nous appartient à toutes et à tous de prôner par l’exemple.

A titre personnel, je forge mes convictions en étant persuadé que l’homme appartient à l’environnement dans lequel il évolue, et non le contraire. Jusque-là, je pense que nous pouvons être tous d’accord. Toutefois, j’en tire des conséquences peut-être plus radicales, car j’estime que ce début de XXIème siècle s’il consacre – au moins pour certains – un sentiment de toute puissance, recèle les germes de tous les dangers. Une immense partie de l’humanité ne profite pas des progrès accomplis par l’espèce humaine, l’accès à de l’eau potable n’est pas assuré pour des centaines de millions de personnes, le climat se réchauffe, les injustices sociales persistent, même chez nous, le monde animal et végétal souffre violement des impacts de l’activité humaine et la mondialisation fait irruption dans des domaines où on ne l’escomptait pas. Pensez à la probable pandémie de grippe qu’on nous annonce ou à la récente crise financière qui a créé un tsunami dont les ressacs ont ébranlé sérieusement le système économique mondial et local.

Certes, d’aucun remettent en cause certains de ces constats, y compris dans la communauté scientifique. Mais il faut se rappeler que la controverse fait partie de la science et donc qu’elle est normale. Et malgré cette incertitude immanente à la science, qui pour certain signifie que « tout va bien », il est de notre responsabilité de penser aux générations futures. Un bon instrument pour le faire, c’est de mettre en œuvre le principe de précaution. Celui-ci prévoit simplement d’adopter une posture de prudence lorsqu’il s’agit de déployer des découvertes scientifiques, tant que la science n’est pas à même de garantir que ces découvertes ne recèlent pas en elles d’effets pervers qui peuvent se révéler dévastateurs. Malheureusement, l’histoire récente démontre que c’est souvent le cas.


Face à la science, c’est aux citoyennes et aux citoyens de prendre leur responsabilité, en particulier lorsqu’ils délèguent au monde politique la « gestion de la cité ». Et je peux partager avec vous un certain scepticisme quant à la capacité du politique de prendre des décisions qui tiennent compte de ce principe de précaution. Trop souvent, le court terme est la seule jauge qui tient lieu de critère de décision.

Au risque de paraphraser le pasteur Luther King, permettez-moi d’exprimer un rêve personnel :
Si j’avais le pouvoir de choisir le nom de notre pays, je l’appellerais sans hésiter Autarcie…  Par les temps qui courent, je vous concède volontiers le caractère un peu provocateur de ce rêve.

Mais l’idée qui le sous-tend est l’autosuffisance. A comprendre dans tous les domaines de notre vie : nourriture, activités économiques, loisirs, sport, culture, lien social. Sans être intégriste, je pense que nous pouvons toutes et tous, à travers nos gestes quotidiens, être sensible à cette autosuffisance qui signifie, en fait, qu’il n’est pas nécessaire d’aller chercher à l’autre bout de la planète ce que l’on trouve chez soi. C’est donc chercher d’abord les ressources en soi ou près de chez soi, plutôt que de partir du principe qu’ailleurs sera nécessairement meilleur.

Dans notre belle commune de Plan-les-Ouates, à l’instar du slogan de campagne de Barak Obama, Yes we can !

Nous pouvons en effet contribuer de manière concrète à chercher chez nous les ressources nécessaires à l’action publique.

En particulier dans le domaine de l’énergie, domaine qui est et va continuer à être le plus crucial. En effet, trop de nos activités sont encore organisées autour d’une énergie qui reste bon marché, en regard de sa disponibilité réelle et qui fatalement va se raréfier.

Notre commune a obtenu fin 2008 le label Cité de l’Energie. Ce label n’est pas une fin en soi, bien au contraire, mais il atteste du processus de prise de conscience que l’énergie doit être consommée parcimonieusement et surtout là où elle est indispensable.

C’est aussi dans le domaine du lien social que nous pouvons espérer tendre à l’Autarcie ; la participation des acteurs et actrices à leur communauté de destin doit être valorisée. Et la commune de Plan-les-Ouates s’engage dans cette direction, même si cela ne va pas toujours aussi vite qu’escompté. C’est là aussi un processus que les Autorités que je représente s’engagent à poursuivre.

Malgré le caractère sombre de certain de mes propos, je garde sur l’avenir un sentiment d’optimisme, de foi en la personne humaine. Sans verser pour autant dans une béate naïveté.

Et j’en veux pour preuve le rassemblement d’hommes, de femmes et d’enfants que nous formons ensemble ce soir. Cela nous permet d’échanger, de discuter, de papoter, de danser, de se restaurer ensemble, bref de PARTAGER du temps et des propos avec l’Autre, quel qu’il soit. Et finalement, n’est-ce pas là notre principale richesse, celle du partage avec l’AUTRE dans l’immédiateté ? Ce n’est finalement pas si loin de l’autosuffisance, non ?

Je ne pourrai terminer cette allocution sans remercier toutes celles et tous ceux qui ont œuvrés (et œuvrent encore) pour que cette fête nationale soit vraiment une fête. Ce sont les personnels et responsables de notre administration, notre mandataire, Kim pour les intimes, l’Amicale des Sapeurs-pompiers, la chorale d’Arare, les Sapeurs-pompiers volontaires de Plan-les-Ouates et toutes les personnes qui nous permettent de nous restaurer, de nous divertir, de nous délasser et, pour plus tard, de danser.

Un grand chaleureux merci à chacune et chacun !

Je vous remercie de votre attention et passe sans plus tarder la parole à Mme Fabienne Monbaron, Présidente du Conseil municipal.

Thierry Durand
Maire
Le 1er août 2009