Site officiel de la commune de Plan-les-Ouates

Fête nationale 2012 - Discours de Thierry Durand, Maire

Mesdames les Conseillères administratives, chères collègues,
Monsieur le Vice-président du Conseil municipal,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil municipal,
Madame et Messieurs les députés au Grand Conseil,
Monsieur le maire de Villefranche-sur-Mer, commune avec laquelle Plan-les-Ouates est jumelée
Chère amies et chers amis de Plan-les-Ouates,

C’est avec une certaine émotion, mâtinée de fierté, que je m’adresse à vous en ce soir de fête nationale.

La tradition à Plan-les-Ouates permet au maire d’associer une personnalité en lui donnant la possibilité de s’exprimer à cette occasion. Il se trouve que la surprise, cette année, c’est qu’il n’y aura pas d’invité ; en effet, celui sur lequel j’avais jeté mon dévolu a eu le culot de partir en vacances. Ceci permettra, néanmoins, de ne pas rallonger la cérémonie…

En Suisse, le 1er août c’est donc la fête nationale.

La Suisse est à bien des égards spécifique lorsqu’on la compare à d’autres Etats et elle ne déroge pas à cette tradition au sujet du jour patriotique. Du moins pas depuis si longtemps que cela…

En effet, ce n’est qu’à la fin du XIXème siècle que la date du 1er août est instaurée comme celle de la fête nationale. Et sans aucune base historique autre que le mythique serment du Grütli, pacte qu’auraient conclus en 1291 de noueux paysans sur un abrupt alpage quasi inaccessible des bords du lac des 4 cantons. Mythe forgé donc à la fin du XIXème siècle pour créer une identité nationale au-delà des forts clivages – religieux et socioculturels principalement– qui régnaient à l’époque.

Le particularisme helvétique a perduré jusqu’en 1994, année à partir de laquelle le jour de cette fête nationale est enfin devenu un jour férié et encore avec une géométrie variable…

Pour une fête nationale, il faut donc une date, nous l’avons, mais il faut aussi une Nation. Puisqu’il s’agit d’une fête nationale.

La singularité helvétique se conforte. Une Nation est bien souvent définie comme une communauté humaine installée sur un même territoire et qui se caractérise par une unité historique, linguistique, culturelle, économique de plus ou moins forte intensité.

On a beau chercher les unités qui seraient constitutives de la Suisse, mais on peine à les trouver. A telle enseigne que pour d’aucun, la Suisse est un Etat sans Nation. Pour les mêmes, il existe du reste également des Nations sans Etat, je vous laisse le soin de les identifier…

Saluons à cet égard l’effet magistral de la création du 1er août en 1891 : elle a permis de forger un sentiment d’appartenance à une Nation sans que celle-ci n’existe véritablement et avec un certain succès puisque cela fait maintenant plus de 120 ans que cela perdure.

L’intérêt de cette fête est surtout de permettre à la commune, creuset de la démocratie en Helvétie, d’organiser une fête populaire à laquelle nous sommes nombreux à participer, année après année.

A Plan-les-Ouates, cette fête se déroule depuis longtemps ici, sur la Butte.

Alors que notre commune a acquis en 2010 le statut de Ville, statut soit dit en passant qui est surtout administratif, pour ne pas dire administrativo-statistique, - à telle enseigne que les Autorités de la commune ont estimé que Plan-les-Ouates n’avait pas besoin d’adjoindre le terme de Ville à son appellation -, nous allons au-devant de développements qui apporteront à long terme près de 5'000 habitantes et habitants supplémentaires, lorsque les quartiers des Sciers et des Cherpines seront réalisés.

Les autorités communales sont fortement impliquées pour préparer et accompagner ces réalisations, qui constituent les enjeux majeurs de ces prochaines années.
 
En effet, il est loisible de constater que le déclassement de terrains en zone de développement n’est que la première étape d’une longue succession d’écueils à surmonter pour que ces futurs quartiers se réalisent tout en étant de qualité et si possible en s’intégrant avec harmonie dans la communauté locale qui préexiste.

Cela fait maintenant plus de 7 ans que le déclassement du périmètre de la Chapelle-les-Sciers a été voté par le Grand conseil et on commence seulement à y voir pousser des grues … Et il y en aura tout bientôt plus encore puisque celles nécessaires à la construction du groupe scolaire qui s’appellera « l’école du Sapay » viendront s’ajouter à cette forêt métallique de haute futaie !

Mais le projet n’est pas terminé, loin s’en faut. De nombreuses étapes restent à franchir pour que la partie « plan-les-ouatienne » de ce quartier voie le jour. La prochaine sera matérialisée par l’adoption du Plan localisé de quartier qui devrait intervenir ces prochains mois et on espère que les premières habitations seront livrées dès 2016-2017…

Quant au quartier des Cherpines, un an après l’acceptation par le peuple de son déclassement, malgré une opposition locale bien compréhensible, nous sommes bien en amont du processus, puisque c’est l’étape du Plan directeur de quartier qui devrait aboutir elle aussi dans quelques mois.
Plan localisé de quartier, plan directeur de quartier… au-delà de ces appellation barbares, provenant d’un jargon technocratique assez abscons, je constate en participant à leur élaboration, une certaine schizophrénie institutionnelle qui consiste, d’une part, à prôner la qualité sociale et environnementale de ces aménagements – on nous a même vendu un éco-quartier dans le cadre de la campagne référendaire des Cherpines de l’an dernier – et, de l’autre côté, à mettre en exergue les coûts qui deviennent des contraintes quasi insurmontables, surtout lorsqu’il y a risque de limiter les plus-values générées par ces projets alors que certains cherchent à les empocher !

A la décharge des acteurs concernés, ou à leur charge pour certain c’est selon, les instruments législatifs sont en effet inadaptés à ces situations car ils ne permettent pas, semble-t-il, de préparer concrètement la qualité de ces quartiers. Que ce soit au niveau des construction, de l’énergie, de la mobilité, des espaces collectifs, de l’environnement, de la culture, du sport, aucun instrument n’est prévu pour que les surcoûts, que leur mise en œuvre engendrent inévitablement, soient répartis équitablement entre toutes les parties prenantes, qu’elles soient publiques ou privées. Et on parle de plusieurs dizaines de millions de Francs !

La pression de la demande en logements ne facilite pas ce gigantesque processus de négociation. N’oublions pas, par exemple, qu’à Plan-les-Ouates, il y a plus de 1'000 jeunes entre 15 et 20 ans qui ne voudront certainement pas tous jouer au Tanguy du film d’Etienne Chatiliez...

Les Autorités de Plan-les-Ouates, bien mobilisées, oeuvrent avec conviction pour que ces futurs quartiers se réalisent dans des délais raisonables, en étant fondés sur les dimensions sociale, environnementale et économique du développement durable. En tentant donc d’éviter qu’une logique purement économique, pour ne pas dire comptable, ne guide à elle seule tous ces processus. Et en imaginant des mécanismes permettant une répartition équitable des efforts financiers qu’il faudra consentir pour atteindre la qualité à laquelle nous aspirons toutes et tous.

Lorsque nos successeurs seront aux commandes de la Commune, gageons qu’ils seront fiers de ce qui aura été accompli.

Charge à elles et à eux de trouver une solution pour organiser des fêtes communales à l’aulne de ce que nous et nos prédécesseurs auront réussi à faire : rassembler une foule pour que la fête nationale soit populaire, à l’image de ce soir, signe de la santé de notre communauté de destin, signe de la santé de notre commune, donc !

Vive la Suisse, vive Genève, vive Plan-les-Ouates !

Je vous remercie de votre attention !

 

Thierry Durand, Maire de Plan-les-Ouates