Site officiel de la commune de Plan-les-Ouates

Skylab: discours lors de la pose de la première pierre

Discours de Thierry Durand, Conseiller administratif lors de la pose de la première pierre de Skylab, le 1er octobre 2013:


Monsieur le Conseiller d’Etat, et Président de la Fondation des terrains industriels,
Madame la Maire, Madame la Conseillère administrative, chères collègues,
Monsieur le Président de la commission ad hoc des parcelles dites "La Piscine",
Mesdames et Messieurs les membres actuels et anciens du Conseil municipal,
Mesdames et Messieurs les Députés du Grand Conseil,
Mesdames et Messieurs les représentants des autorités communales genevoises,
Messieurs les anciens Conseillers administratifs,
Messieurs les Directeurs, actuel et ancien de la Fondation des terrains industriels,  Mesdames et Messieurs, membres de la FTI,
Messieurs les représentants de l’Etat,
Messieurs les architectes de Skylab,
Mesdames et Messieurs, membres du bureau BassiCarella,
Monsieur le Directeur général de Concordo,
Mesdames et Messieurs, membre du bureau Concordo,
Monsieur le représentant du fond d’investisseur Rockspring,
Messieurs les Vice-Président et Directeur commercial d’Induni,
Mesdames et Messieurs, membres d’Induni,
Mesdames et Messieurs les mandataires de la Commune,
Chères invitées, chers invités,
Mesdames, Messieurs,


C’est avec une réelle émotion que j’ai le plaisir, au nom des autorités de Plan-les-Ouates, d’ouvrir cette cérémonie de la première pierre du projet Skylab !

Autant le dire tout de suite, l’appellation de cette cérémonie est un peu usurpée, puisque nous ne poserons aucune pierre ce soir, nous nous contenterons de signer un document qui sera scellé dans le béton, avec les ouvriers, ultérieurement.

Il n’empêche, la commune de Plan-les-Ouates est très fière de voir ce projet émerger. Pour celles et ceux qui ont pu l’observer, là, juste derrière vous, pour l’instant, ça continue de creuser… pour mieux émerger ensuite !

Mais nous y sommes ! Skylab est en train de se construire !

Pour mieux apprécier ce moment, je vous propose de faire un rapide survol des étapes qui nous ont mené à cette fin de journée :
C’est en 2005 que la commune de Plan-les-Ouates a acquis 4 parcelles dans la ZIPLO au lieu-dit "La Piscine". Si cet endroit a cette appellation vernaculaire, c’est bien pour mettre l’accent sur ce trou qui date de plus de 20 ans.

Cette acquisition poursuivait deux buts bien précis : pouvoir y construire une caserne pour notre compagnie de pompiers volontaires et un parking public.

Pour différentes raisons, qu’il serait peu intéressant de mentionner ici, ce projet a sommeillé quelques années jusqu’en avril 2008, date à laquelle le Conseil municipal a mis sur pied une commission ad hoc pour élaborer un projet pour cette « Piscine ».

Entre 2008 et 2009, cette commission s’est réunie plus d’une dizaine de fois  pour imaginer de quelle manière valoriser ces terrains, en effectuant notamment moultes auditions de différents acteurs.

En novembre 2009, sur proposition de cette commission, le Conseil municipal de Plan-les-Ouates votait une résolution précisant sa volonté, en définissant quelques principes sur la maîtrise foncière, le programme et le montage financier.

C’est donc sur cette base, que le Conseil administratif, toujours en étroite collaboration avec cette commission et, en particulier son Président, a établi un partenariat avec la Fondation des Terrains Industriels (FTI) pour mettre en place un concours d’architecture dont le premier prix fut attribué en novembre 2010 au projet Skylab, du bureau d’architectes BassiCarella.

Un concours fut ensuite lancé pour trouver un investisseur et son jury retint le projet Concordo-Rockspring en janvier 2011.

Le projet prenait donc forme, les acteurs étaient identifiés : la FTI, Concordo et le bureau BassiCarella, et naturellement les représentants de la commune de Plan-les-Ouates, tant politiques qu’administratifs.

Je ne vais pas énumérer par le détail les différentes étapes qui ont permis d’aboutir à un projet réalisable, je vais néanmoins en esquisser les points principaux, sans nécessairement qu’ils le soient de manière chronologique.

Tout d’abord, le partenariat mis en place est inédit, au moins pour la commune de Plan-les-Ouates.

Comme je l’ai déjà dit, cette dernière souhaitait conserver la maîtrise foncière, raison pour laquelle le droit de superficie était l’outil approprié pour arriver à cette fin. Là où le montage est plus « original », c’est qu’il s’organise en deux degrés : la commune cède à la FTI un droit de superficie, la FTI en octroie un dans la foulée, dit du deuxième degré, à l’investisseur. Chacun de ces droits faisant l’objet du versement d’une rente annuelle (dont le montant n’est pas le même, naturellement).

Mais ce n’est pas terminé : puisque la commune souhaite y construire une caserne de pompiers et une crèche interentreprises, ces deux objets ont fait l’objet, avec l’investisseur, d’une acquisition en PPE de ces lots, avec un cahier des charges de copropriété à la clé.

La finalisation de ces différents actes (qui totalisent plus d’une centaine de pages d’actes notariés de différente nature) n’a pas été simple, et plusieurs personnes parmi vous se souviennent certainement de quelques séances de négociations, parfois âpres. Nous y sommes parvenus et tous les actes ont pu être finalement signés dans les bureaux de la FTI en mars dernier.

Pour revenir au projet architectural lui-même, entre la proclamation des résultats du concours d’architecture et la dépose de l’autorisation de construire, il s’est déroulé un laps de temps consacré à ce que j’ai appris : l’optimisation du projet. J’avoue que, n’étant pas du métier, je ne savais pas vraiment en quoi consistait cette « optimisation » et j’ai rapidement découvert qu’elle n’avait pas la même portée suivant qui l’évoquait. L’architecte, l’investisseur, la FTI et la Commune, pour les parties qui la concernaient, n’avaient pas toujours les mêmes attentes, et c’est peu dire.

En caricaturant un peu, j’en suis conscient, je peu résumer les enjeux de cette manière : l’investisseur souhaitait augmenter au maximum le nombre de m2 disponibles à la location, l’architecte voulait conserver l’esprit du projet lauréat, la FTI voulait se départir de ce projet pour qu’il vole de ses propres ailes et la commune, au milieu, voulait préserver ses intérêts qui comprenaient également la réalisation du projet.

Ce fut là aussi l’occasion de moultes séances, parfois animées, pour faire émerger un projet qui satisfasse aux exigences bien souvent divergentes tout en étant légitimes de ses acteurs. Grâce aux nombreuses discussions et à la construction, parfois laborieuse, d’un esprit de collaboration, et à l’aide d’un nombre incalculable de calculs, de variantes et sous-variantes produites chaque fois avec célérité et professionnalisme par le bureau BassiCarrela, un projet obtenant l’assentiment de tous fut définit.

Erigé sur cinq étages, le bâtiment « Skylab » comprend plus de 20'000 m2 de surface pour des activités, une caserne pour la compagnie de pompiers de Plan-les-Ouates, une crèche, un parking public et un restaurant.

La requête en autorisation de construire fut déposée en avril 2012. La commune et la FTI, appelées toutes deux à préaviser ce projet, le firent avec une célérité légitime. Après le travail d’examens et le recueil des préavis requis pour de tels projets (préavis qui sont non seulement nombreux, mais complexes et c’est bien normal), l’autorisation fut délivrée 10 mois plus tard, en février dernier. Et comme il n’y eut aucun recours, elle entra en force un mois plus tard.

Comme la Commune avait décidé d’acquérir ses objets en PPE, il fallait encore en obtenir leur financement auprès du Conseil municipal, ce qui fut fait en mars 2013 également, à l’unanimité. Et il ne s’agit pas d’un petit montant puisque la commune s’est engagée à hauteur de plus de 16 millions pour l’acquisition de la caserne des pompiers, de la crèche et d’une surface pour les activités de la Mairie.

C’est donc en avril dernier que la commune a constaté avec plaisir que tous les feux étaient au vert pour que la réalisation de cet important projet puisse démarrer, ce qui fut le cas puisque les premières machines de chantier furent déployées dans "La Piscine » pour commencer les travaux spéciaux initiaux.

A partir du moment où la commune s’est remise à travailler sur ce projet (avril 2008) et le début du chantier (avril 2013), il a fallu donc cinq ans pour y arriver. C’est long mais finalement, pas tant que cela vu les nombreux écueils qu’il a fallu surmonter.

Long car pendant ces cinq ans, cela a requis une attention et une énergie de (presque) tous les instants pour faire avancer ce projet qui reste inédit, à mes yeux. Et j’avoue avoir ressenti un certain soulagement lorsque les travaux ont pu démarrer, une charge, importante, ne pesait plus sur mes épaules. Et je suis certain que ce sentiment de soulagement fut partagé par les autres partenaires de cette aventure.

Mais, après réflexion, ce laps de temps important était nécessaire. Autant il peut être aisé, connaissant la globalité des différents facettes de ce projet, maintenant qu’il est finalisé, d’imaginer qu’il aurait été « facile » de le réaliser en moins de temps. Mais le modèle finalement mis en place n’était pas connu dans tous ses détails en 2008. Il a émergé progressivement, avec des moments euphoriques et d’autres relevant plus du désenchantement, avec de nombreux imprévus qu’il a fallu gérer. Et je pense que si nous y sommes parvenus, c’est grâce à la volonté et à l’énergie qu’ont su déployer les différents partenaires publics (je pense en particulier aux autorités de Plan-les-Ouates et aux membres de la commission ad hoc du Conseil municipal, à la FTI) et privés (architectes et investisseurs principalement) pour le faire aboutir.

Je salue en particulier la vision de la FTI qui a pris des risques pour porter ce projet en « protégeant » la commune. Et le changement à sa direction, intervenu au milieu du gué, n’a perturbé en rien l’avancement du projet. Je pense toutefois que le nouveau directeur a dû avoir quelques sueurs froides lorsqu’il a repris ce projet, parmi les autres que menait la FTI.

Faire le pari de travailler avec une commune, sans être propriétaire du foncier et en investissant des montants somme toute considérables (on parle rarement de chiffres dans ces moments, mais j’estime à 150 millions le « coût » de cette construction), n’est manifestement pas dans les mœurs genevoises et, à titre personnel, je me permets de le regretter. Car en effet, je peux vous l’avouer maintenant : le concours pour chercher des investisseurs n’a pas rencontré le succès escompté, puisque nous espérions avoir aussi des candidatures locales qui ne se sont pas manifestées. Le lauréat représente un fonds d’investisseur anglo-saxon, que je remercie. Je constate donc que l’appétence à prendre des risques comprenant une collaboration avec des partenaires publics est moins prononcée à Genève qu’outre-Manche…

Je me permets également de formuler un regret : celui de ne pas avoir pu compter sur un partenariat effectif des autorités cantonales. Et quand je dis effectif, cela signifie financier, car nous avons bien collaboré avec les représentants de la promotion économique lorsqu’il a fallu esquisser le type d’activité qu’il était pertinent d’intégrer dans ce bâtiment : les biotechs. Mais lorsqu’il aurait fallu quelques engagements financiers pour prendre des surfaces, l’Etat n’a pas manifesté l’intérêt escompté. Nous en avons pris acte, avec je l’avoue un certain regret.

Pour ma part, et au-delà de la satisfaction légitime de voir cet ambitieux projet se réaliser, j’ai acquis une conviction: la réalisation de ce type d’infrastructure mixte peut se faire en partenariat, et c’est même souhaitable. On entend souvent parler du PPP (ou partenariat public-privé) et j’estime que nous en avons fait un avec Skylab. Car pour moi, un PPP signifie, pour qu’il soit effectif, que soient partagés l’élaboration et le suivi du projet, les risques et le financement. C’est ce que nous avons fait. Ce ne fut pas toujours une sinécure car les intérêts des différents acteurs impliqués sont bien souvent contradictoires, et il faut une somme de travail pour les faire converger. Ce n’est pas toujours aisé car les champs des possibles ne sont pas toujours clairement identifiables.

En particulier, il n’est pas évident, pour un représentant d’une collectivité publique de savoir jusqu’où il peut aller, et quand il ne doit pas dépasser certaines limites lorsqu’il est en discussion avec le partenaire privé; l’art de la négociation, en quelque sorte.

Mais si un acteur privé peut, pour définir sa position, avoir une calculette comme outil de réflexion, les concepts de gains, de plus-values, de pertes, ou autres éléments financiers sont plus délicats à identifier pour une collectivité publique. Mais c’est possible et il ne faut pas hésiter à prendre le risque d’essayer !

Je demeure convaincu que l’aboutissement de ce projet a permis à la commune d’acquérir une riche expérience dans ce domaine du partenariat, expérience qui lui sera certainement très utile pour mener l’un ou l’autre des importants projets d’aménagement qui l’attendent aux Sciers ou aux Cherpines notamment ; du reste, nous y travaillons déjà.

Pour le futur, le calendrier de construction prévoit que le bâtiment soit livré en 2015. Et il reste à la commune d’imaginer un autre partenariat, cette fois avec les entreprises de la ZIPLO, pour qu’elles participent au financement de la crèche. Les discussions ont débuté et elles devraient s’intensifier ces prochain mois. Là aussi, nous sommes à l’aube d’un nouveau type de partenariat et j’espère trouver un accueil favorable, non seulement des responsables RH des entreprises, mais aussi du top management.

Je ne saurai terminer cette intervention sans adresser quelques remerciements qui se veulent autant vifs que sincères sans pour autant être exhaustifs, la liste serait trop longue, car avant tout, l’émergence de ce projet fut une extraordinaire aventure humaine.

Tout d’abord, Messieurs Moeschinger et Cretegny, directeurs de la FTI qui n’ont pas ménagé leur énergie en mettant à disposition leurs compétences pour faire avancer ce projet.

Monsieur Roberto Carella, architecte, et ses collaboratrices et collaborateurs, qui, une fois le concours remporté, ont dû « optimiser » leur projet, sans le dénaturer. Ce ne fut pas chose aisée, mais ils y sont arrivés avec brio et dans des délais que je n’ose qualifier.

Monsieur Pernette, de Concordo, homme de conviction qui, sous ses airs bonhomme, est un redoutable négociateur avec qui j’avoue avoir eu parfois maille à partir. Il a toujours été fidèle à sa ligne mais nous avons réussi à surmonter nos divergences en mettant parfois, et à tour de rôle, de l’eau dans notre vin. Merci Monsieur Pernette d’avoir rendu ce projet possible.

Monsieur Charles Tarrière, représentant du fond d’investisseurs de Rockspring, avec qui j’ai eu, finalement, peu de contacts, mais ils furent courtois, même si je pense l’avoir parfois surpris par certaines de mes prises de  position qui n’étaient pas toujours brodées à la dentelle. Merci à vous d’avoir construit ce canal de financement entre Londres et Plan-les-Ouates !

Et finalement, les membres du Conseil  municipal, et en particulier ceux de la commission ad hoc qui ont travaillé avec sérieux et enthousiasme pour ce projet, dans une ambiance que je me plais à relever de très constructive. Le président de cette commission, Monsieur Philippe Rochetin, y est pour beaucoup. Grand merci Philippe.

Et je ne peux omettre de remercier Patricia Merad qui a organisé cette cérémonie avec la maestria qu’on lui connaît, malgré des délais un peu serrés (et je plaide coupable pour ce dernier élément…).

Me voilà au terme de cette interminable intervention ; il y aurait encore beaucoup de choses à dire, tant cette expérience fut riche, mais il est temps de laisser la place…

Je vous remercie de votre attention.